Premiers secours dans votre entreprise : préparer chaque poste de travail
ESU · Sécurité au travail · Suisse
Premiers secours dans votre entreprise : préparer chaque poste de travail
Organiser les premiers secours dans votre entreprise, c’est prévoir qui intervient, comment appeler à l’aide et où trouver le matériel. En Suisse, les moyens doivent correspondre aux dangers, à la taille et à l’emplacement de l’entreprise. Commencez par examiner les postes et les horaires réellement couverts, puis choisissez une formation adaptée. Le but : permettre aux témoins d’agir en attendant les secours professionnels, y compris lorsqu’une équipe travaille en dehors des heures habituelles.
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Premiers secours dans votre entreprise : ce que prévoit l’OLT 3
L’article 36 de l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail demande des moyens disponibles en permanence et du matériel accessible. Les emplacements de ce matériel doivent être clairement signalés. Une infirmerie équipée et du personnel formé sont prévus lorsque les besoins le justifient.
Le commentaire du SECO précise que les premiers secours doivent être assurés dès lors que quelqu’un travaille. Il fixe un objectif d’arrivée des secouristes sur les lieux de l’incident dans les trois minutes. Il faut donc tenir compte des horaires décalés, des absences et des différents emplacements.
Le nombre de personnes formées ne se décide pas uniquement à partir de l’effectif total. Les risques, les distances et l’organisation du travail comptent également. La formation doit être adaptée et régulièrement rafraîchie.
Référence : SECO — commentaire de l’OLT 3, article 36, novembre 2024. Pour les dangers particuliers, faites établir les mesures complémentaires avec les spécialistes de la sécurité concernés.
Préparer le terrain
Partir des situations de votre équipe
Un plan devient plus facile à utiliser lorsque chacun peut le relier à son poste. Pour préparer votre échange avec le responsable sécurité ou l’organisme de formation, décrivez une journée réelle, du premier arrivant au dernier départ.
Dans les bureaux
Repérez les étages, les salles de réunion et les accès. Question utile : une personne qui découvre un collègue inconscient sait-elle indiquer son emplacement précis ?
Dans l’atelier
Listez les machines et les produits utilisés. Faites préciser les mesures de protection et les équipements adaptés avant de définir les exercices de formation.
En déplacement
Préparez une fiche pour chaque chantier ou lieu d’intervention. Vérifiez comment communiquer l’adresse, joindre une aide et orienter les secours jusqu’au poste.
Un exemple pour repérer les oublis
Votre entreprise compte plusieurs secouristes, mais tous travaillent dans les bureaux. L’équipe de nettoyage commence après leur départ. Inscrivez ce créneau sur votre tableau de couverture et définissez une solution avec le responsable de l’organisation des secours.
Pour les personnes seules, la Suva rappelle la nécessité de pouvoir demander de l’aide à tout moment. Elle recommande aussi d’adapter l’organisation aux postes mobiles. Consulter les recommandations de la Suva sur l’organisation en cas d’urgence.
Réagir sans attendre
Les premiers réflexes face à une urgence
Vérifiez d’abord la sécurité des lieux. N’entrez pas dans une zone dangereuse pour porter secours. Appelez à l’aide et donnez des tâches précises aux personnes présentes.
Si une personne est inconsciente, appelez le 144 et demandez un défibrillateur. Contrôlez sa respiration après avoir libéré ses voies respiratoires. Si elle ne respire pas normalement, commencez la réanimation et suivez les instructions de la centrale.
Chez l’adulte, l’algorithme SRC indique 30 compressions au centre du thorax, suivies de 2 insufflations, à une fréquence de 100 à 120 compressions par minute et une profondeur de 5 à 6 cm. Laissez le thorax remonter et limitez les interruptions. Dès que le défibrillateur arrive, allumez-le et suivez ses consignes.
Lors de l’appel, donnez le lieu exact et décrivez la situation. Si d’autres collègues sont disponibles, confiez à l’un d’eux l’accueil des secours à l’entrée.
Référence : algorithme BLS-AED-SRC 2025. Ces repères concernent l’adulte et ne remplacent pas l’apprentissage pratique ni les consignes du 144.
Apprendre et pratiquer
Choisir une formation en fonction des besoins
Avant de réserver, préparez une liste des situations que votre équipe doit apprendre à gérer. Ajoutez les contraintes du site : locaux éloignés, personnel mobile, langues de travail et horaires. Vous pourrez ainsi discuter d’un programme précis.
BLS-AED : réanimation et défibrillateur
Le BLS désigne les gestes de base de réanimation. AED est l’abréviation anglaise du défibrillateur automatisé externe. Les cours ESU pour entreprises et formations BLS-AED présentent notamment l’alerte, la réanimation et l’utilisation du défibrillateur, avec des ateliers pratiques.
IAS : un apprentissage plus large des premiers secours
La formation premiers secours IAS niveau 1 proposée par ESU aborde également les blessures et l’évaluation d’une situation d’urgence. Discutez du niveau adapté aux tâches confiées aux secouristes et aux dangers de votre activité.
Entretenir les connaissances
La Suva recommande de rafraîchir les compétences et de répéter des scénarios d’urgence. Prévoyez ce suivi dès la préparation du cours, puis notez qui organise les rappels. L’intervalle retenu doit tenir compte de la formation suivie et des besoins de l’entreprise.
Pour définir le programme et les modalités, contactez ESU pour votre projet de formation. La durée et les conditions seront à confirmer pour la formule choisie.
Outil pratique
Votre checklist de préparation
Utilisez ces questions comme trame de réunion. Pour chaque réponse manquante, notez une personne responsable et une échéance. Cette checklist sert à préparer votre organisation ; elle ne constitue pas un audit de conformité.
- Couverture : qui peut intervenir pour chaque site et chaque créneau de travail ?
- Alerte : l’adresse, l’entrée et le poste concerné sont-ils faciles à décrire ?
- Contacts : comment retrouve-t-on les secouristes présents aujourd’hui ?
- Matériel : où se trouve-t-il et qui en vérifie l’état et le réapprovisionnement ?
- Accès : qui ouvre les portes et guide les secours professionnels ?
- Compétences : quelles situations doivent être travaillées lors du prochain cours ?
Les erreurs à repérer
Une liste de contacts non actualisée peut orienter vers une personne absente. Une trousse rangée dans un bureau fermé devient difficile à trouver. Enfin, une adresse générale peut être insuffisante pour un site comportant plusieurs entrées. Inscrivez ces points dans votre plan d’action lorsqu’ils concernent vos locaux.
Après une formation ou un changement de locaux, reprenez cette liste avec les personnes concernées. Conservez une version datée pour savoir ce qui a été décidé et ce qui reste à régler.
Questions fréquentes
Vos questions sur les secours au travail
Les bureaux sont-ils aussi concernés ?
Oui. Le dispositif doit correspondre aux dangers, à la taille et à l’emplacement de l’entreprise. L’absence de machines ne dispense pas de préparer l’alerte et l’intervention.
Un seul secouriste peut-il suffire ?
Examinez sa présence réelle, les distances et les risques. Les vacances ou les horaires décalés peuvent laisser des postes sans couverture. Appuyez-vous sur le plan des premiers secours pour déterminer les besoins.
Un cours BLS-AED couvre-t-il tous les besoins ?
Il porte principalement sur la réanimation et le défibrillateur. Comparez son programme avec les autres situations rencontrées dans votre activité avant de choisir la formation.
Où installer le matériel et le défibrillateur ?
Le matériel doit être accessible et signalé. Pour un défibrillateur, la Suva recommande un emplacement central et facile d’accès. Vérifiez aussi l’accès pendant les horaires décalés.
Faut-il attendre le secouriste interne pour appeler le 144 ?
Non. Face à une personne inconsciente, donnez l’alerte sans attendre. Les tâches peuvent être réparties entre les témoins pendant que la centrale guide l’intervention.






